The Impact of Regulation on the Availability and Profitability of Auto Insurance in Canada par Mary Kelly, Anne Kleffner et Si Lii

Cet article propose une investigation de l’incidence de la réglementation qui prévaut dans le secteur de l’assurance automobile sur la taille du marché dit «involontaire» qui existe dans cette industrie, ainsi que sur le niveau et la volatilité des ratios de sinistralité qu’affiche cette branche au Canada. Nos résultats montrent que les exigences de diminution de tarifs, les réformes de produits de même que l’application d’une grille tarifaire qui établit l’augmentation maximum des primes d’assurance automobile ont pour effet d’augmenter la taille du marché involontaire. De plus, contrairement aux études américaines, nous trouvons que la présence d’une réglementation imposant une approbation préalable des tarifs n’a pas une incidence significative sur la volatilité des ratios de sinistralité. Nos modèles incorporent aussi l’incidence de variables macroéconomiques qui répliquent approximativement le cycle de souscription qui prévaut sur les marchés assurantiels et les rendements des placements. Les résultats suggèrent que le cycle de souscription ainsi que les rendements boursiers semblent être des facteurs tout aussi importants que la réglementation pour expliquer l’usage que font les assureurs automobiles du marché involontaire. Pris dans leur ensemble, nos résultats semblent suggérer que les interventions réglementaires visant à accroître l’accès à l’assurance à tous les automobilistes peuvent aussi avoir comme effet non désiré d’aggraver les enjeux de disponibilité de l’assurance et que, les conditions sous-jacentes du marché peuvent renforcer cet effet.

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L’impact de la sinistralité passée sur la sinistralité future (2) : 
une modélisation des classes de risques par Olga A. Vasechko et Michel Grun-Rehomme

Dans ce marché concurrentiel de l’assurance automobile, l’assureur se doit d’inciter les bas risques (les bons conducteurs) à rester dans son portefeuille et d’attirer, dans un même temps, à lui les bas risques des autres compagnies. Encore faut-il bien estimer ces risques dans un contexte particulier d’information incomplète.

Dans cet article, on construit différents indicateurs de sinistralité antérieure, obtenus par le croisement du coefficient réduction majoration (CRM) et de l’ancienneté de permis, qui ont empiriquement un meilleur effet prédictif que le CRM sur la sinistralité future, ainsi l’assureur dispose de plusieurs stratégies. En l’absence de données longitudinales, ces indicateurs sont utilisés également pour revisiter la problématique de l’asymétrie d’information.

On constate, à l’aide de modèles Logit bivariés, utilisés pour éviter les biais liés à l’endogénéité du choix de contrat et obtenir des résultats robustes quant à l’estimation des probabilités de sinistre, que l’effet marginal (+ 9 % en moyenne) de cet indicateur de sinistralité passée sur la sinistralité actuelle est plus important que celui des autres variables. Les assurés qui choisissent un contrat RC ont en moyenne des probabilités plus élevées de sinistralité.

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L’impact de la sinistralité passée sur la sinistralité future: Approche empirique en assurance automobile  par Olga A. Vasechko et Michel Grun-Réhomme

Le risque individuel de chaque assuré automobile n’est pas prévisible et n’est connu qu’a posteriori, à l’inverse du risque collectif qui est prévisible dans la mesure où l’on dispose de l’expérience du passé le plus récent observé sur une population assez grande comparable à celle du portefeuille actuel. Dans cet article, on souhaite examiner de façon empirique, si la sinistralité passée (avant l’année de référence) et la sinistralité actuelle constituent un bon indicateur prévisionnel de la sinistralité future, conditionnellement aux caractéristiques de la classe de risque (ou case tarifaire) de l’assuré. On suppose, en fonction de la sinistralité passée, que chaque classe de risques est constituée de deux catégories de conducteurs : les assurés à bas risques et ceux à hauts risques. A l’aide d’une loi binomiale négative et d’une approche bayésienne, on montre que la probabilité d’être un conducteur à bas risques est plus importante en l’absence de sinistres (ou avec un seul sinistre) et qu’à l’inverse la probabilité d’être un assuré à hauts risques augmente fortement dès que l’assuré a 2 ou 3 sinistres au cours de l’année de référence. Bien sûr le niveau de probabilité varie selon les classes de risque. Dans presque tous les cas, la sinistralité passée est un bon indicateur de la sinistralité future.
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Les jeunes conducteurs : surprimes ou fidélisation? par Olga A. Vasechko, Marie Odile Albizzati et Michel Grun-Rehomme

Les compagnies françaises d’assurance automobile peuvent appliquer une surprime aux jeunes conducteurs (conducteurs ayant moins de trois ans de permis) durant les deux premières années. Faut-il sanctionner les jeunes conducteurs par un niveau de cotisation initial plus élevé que pour les conducteurs expérimentés ? Si on regarde les statistiques de la sinistralité des jeunes conducteurs dans le portefeuille d’une assurance, la réponse est évidemment oui, dans la mesure où on effectue une mutualisation entre des risques homogènes. Une autre démarche est envisagée dans cette présentation. On suppose que l’assureur décide de ne pas imposer de surprimes pour les jeunes conducteurs, en accompagnant cette décision d’une campagne d’information sécuritaire auprès de ces jeunes assurés. Du côté des jeunes, on peut penser qu’une telle démarche basée sur la confiance et la responsabilisation peut avoir des effets positifs sur la sinistralité à travers cette stratégie « gagnant-gagnant ». Et du côté de l’assureur, il s’agit de jouer la carte de la fidélisation de sa clientèle ou de ses sociétaires. En effet, les assurés sont assez fidèles à leur premier assureur dans la mesure où ils ne rencontrent pas de difficultés particulières avec celui-ci. On examine les enjeux financiers pour l’assureur dans ces deux stratégies : surprimes ou fidélisation. On observe que plus la surprime appliquée aux jeunes conducteurs est élevée, plus les départs sont difficiles à supporter par l’assureur qui ne l’appliquerait pas et plus le retour à l’équilibre est éloigné. La situation semble viable pour l’assureur dès que le taux d’entrée de jeunes s’accroît de 50 % et que le taux de départ sur ces entrants ne dépasse pas 50 %

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The Effects of Rate Regulation on the Volatility of Auto Insurance Prices – Evidence from Canada par Darrell Leadbetter, Jane Voll et Erica Wieder

Des études antérieures effectuées à l’aide de données provenant des États-Unis ont révélé que la réglementation tarifaire diminue la concurrence, limite l’accès à l’assurance et augmente la volatilité des primes d’assurance. Cet article étend au contexte canadien la documentation réunie aux États-Unis en vue de déterminer si la réglementation tarifaire augmente la volatilité des primes dans la province de l’Ontario. Selon une analyse empirique menée à l’aide de données recueillies dans six provinces pour une période couvrant 18 ans de 1984 à 2001, la réglementation tarifaire est importante pour ex-pliquer la volatilité des primes d’assurance moyennes, après avoir tenu compte des coûts reliés aux sinistres. Cette ob-servation concorde avec les résultats d’autres territoires de compétence. Lire la suite

Une approche locale de la gestion des sinistres graves en assurance automobile par Michel Grun-Rehomme, Noureddine Benlagha et Olga A. Vasechko

Cet article se propose d’étudier la stabilité de classes de risque homogènes d’assurés en assurance automobile à l’aide d’un indicateur de détection des assurés atypiques. On distingue deux types de points atypiques (ou de sinistres « graves ») : ceux qui correspondent aux valeurs extrêmes de la distribution du coût des sinistres dans le portefeuille (« outliers ») et ceux qui affectent la stabilité de la prime pure dans une classe de risque et qui engendrent une modification de la hiérarchie des classes établie avec la prime pure (« inliers », point de vue local). Cette stabilité est nécessaire pour obtenir une bonne adéquation entre la sinistralité et les cotisations des assurés dans ce contexte d’un marché fortement concurrentiel. Dans chaque classe homogène, le risque est mesuré en termes de fréquence et de coût moyen, puis la prime pure qui correspond à l’espérance des pertes est déterminée comme le produit de ces deux indices. Cet indicateur de prime pure permet d’une part de hiérarchiser les classes et d’autre part, il sert de base au calcul de la prime de référence. La prime payée par l’assuré est égale à la prime de référence multipliée par le coefficient réduction majoration (bonus-malus) de l’assuré. La présence de sinistres graves vient perturber cette hypothèse de différenciation du risque collectif d’une classe à l’autre et la stabilité temporelle de cet indicateur de prime pure. Ces indicateurs, calculés en quelque sorte par des moyennes, sont très sensibles aux valeurs extrêmes. La détection d’assurés atypiques permet de les isoler dans le calcul de la prime pure. La démarche proposée pour détecter les « inliers » est basée sur une estimation de la variance de l’indicateur de prime pure, pour une précision souhaitée (calculée sur la différence entre classes successives) et un risque d’erreur fixé. Une application numérique sur des données réelles d’assurance est présentée pour mettre en pratique cette démarche.
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Choix de contrat et sinistralité chez les jeunes conducteurs par Michel Grun-Réhomme et Noureddine Benlagha

Dans les rapports entre l’assureur et l’assuré, entre un contrat de garanties et une rémunération (prime ou cotisa-tion), la compagnie d’assurance fait face à un risque qui est directement lié à l’asymétrie d’information qui existe entre elle et l’assuré.

Dans un article récent, A. Cohen (2005) montre, conformément aux résultats de Chiappori et Salanié (2000), que l’hypothèse de sélection adverse est mise en défaut chez les jeunes conducteurs. Les jeunes ont une perception imprécise (absence d’expérience) de leurs risques.

L’étude présentée dans cet article s’inscrit dans la suite de ces travaux. On s’est également interrogé sur la per-tinence des liens existants entre la sinistralité et le choix de contrat chez les jeunes conducteurs. Notre étude est nouvelle sur deux points :

Elle porte sur quatre types de garanties (et non deux), ce qui est plus proche de la réalité, en utilisant un modèle polytomique ordonné bivarié.

Ces données sont récentes. Elles concernent l’année 2004, après la mise en place de nouvelles mesures sécuritaires au niveau de la circulation (radars automatiques, contrôles plus stricts de l’alcoolémie, alourdisse-ment des peines), et la baisse des accidents mortels.

Dans cette modélisation, les caractéristiques qui expliquent la sinistralité et le choix de garantie sont corrélées. Dans ce cas, l’estimation autonome de l’équation de la sinistralité peut comporter un biais d’endogénéité. Les caractéristiques individuelles des jeunes conducteurs, qui expliquent le choix de garantie, expliquent aussi posi-tivement la probabilité de sinistralité. L’hypothèse de sélection adverse est toutefois vérifiée parmi les jeunes conducteurs qui choisissent un contrat « tous risques » variable selon le montant de la franchise.
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Diverses alternatives pour déterminer les facteurs significatifs de la fréquence d’accidents dans l’assurance automobile par María del Carmen Melgar Hiraldo, José Antonio Ordaz Sanz et Flor María Guerrero Casas

Les accidents de circulation sont un des plus graves problèmes que l’on trouve actuellement dans les pays industrialisés. Le but de cet article est d’analyser les éléments qui contribuent à expliquer le nombre d’accidents de ce genre. Cette question est très utile pour le secteur de l’assurance automobile.

La littérature spécialisée signale que les modèles de comptage sont les plus utilisés dans cet important domaine de l’industrie de l’assurance. Traditionnellement, la régression de Poisson et le modèle binomial négatif ont été les méthodes employées le plus fréquemment. Cependant, les modèles à expansion de zéros pourraient être plus appropriés pour expliquer les processus sous-jacents aux distributions d’accidents automobiles.

Dans cette étude, nous utilisons une base de données fournie par une compagnie d’assurance privée espagnole. Après avoir fait une analyse descriptive complète de ces données, nous comparerons les résultats que l’on obtient de l’application des trois types de modèles de comptage développés dans le papier. Finalement, nous discuterons des différences en soulignant les avantages généraux des modèles à expansion de zéros. Néanmoins, les résultats sont qualitativement très ressemblants, et ils suggèrent en plus l’existence de problèmes d’aléa moral et d’anti sélection dans le marché de l’assurance automobile.
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Automobile Insurance in Ontario: Direct Compensation for Property Damage, Personal Injury, and Death par Denis W. Boivin

Cet article décrit les deux régimes d’indemnisation directe qui existent en Ontario en matière d’assurance automobile. Le premier est celui qui s’applique aux dommages matériels. Le second s’applique en cas de préjudice corporel et de décès. L’auteur examine les circonstances dans lesquelles les régimes s’appliquent, le rôle qu’ils accordent à la notion de responsabilité, leur impact sur le droit de poursuivre au civil et leur impact sur le droit de subrogation. L’article fait aussi un survol des bénéfices disponibles sous chaque régime et des circonstances qui peuvent limiter les droits de la personne assurée. Lire la suite

Les vingt-cinq ans du régime québécois d’assurance automobile : réflexions sur la notion de faute par Claude Fluet

La réforme du régime d’assurance automobile au Québec en 1978 a radicalement amélioré l’indemnisation des victimes de dommages corporels. On semble unanime à croire que l’abolition du droit de poursuite et de toute notion de faute constituaient la clé de voûte de la réforme. Pourtant, il semble évident que ce ne sont pas ces éléments par eux-mêmes qui ont amélioré l’indemnisation, mais tout simplement l’introduction d’une couverture additionnelle très large et administrativement efficace d’assurance de dommages. Des procédures simplifiées de détermination de la faute pourraient parfaitement être utilisées à des fins de tarification et d’incitation, sans nullement remettre en question les niveaux d’indemnisation.
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