Choix de contrat et sinistralité chez les jeunes conducteurs par Michel Grun-Réhomme et Noureddine Benlagha

Dans les rapports entre l’assureur et l’assuré, entre un contrat de garanties et une rémunération (prime ou cotisa-tion), la compagnie d’assurance fait face à un risque qui est directement lié à l’asymétrie d’information qui existe entre elle et l’assuré.

Dans un article récent, A. Cohen (2005) montre, conformément aux résultats de Chiappori et Salanié (2000), que l’hypothèse de sélection adverse est mise en défaut chez les jeunes conducteurs. Les jeunes ont une perception imprécise (absence d’expérience) de leurs risques.

L’étude présentée dans cet article s’inscrit dans la suite de ces travaux. On s’est également interrogé sur la per-tinence des liens existants entre la sinistralité et le choix de contrat chez les jeunes conducteurs. Notre étude est nouvelle sur deux points :

Elle porte sur quatre types de garanties (et non deux), ce qui est plus proche de la réalité, en utilisant un modèle polytomique ordonné bivarié.

Ces données sont récentes. Elles concernent l’année 2004, après la mise en place de nouvelles mesures sécuritaires au niveau de la circulation (radars automatiques, contrôles plus stricts de l’alcoolémie, alourdisse-ment des peines), et la baisse des accidents mortels.

Dans cette modélisation, les caractéristiques qui expliquent la sinistralité et le choix de garantie sont corrélées. Dans ce cas, l’estimation autonome de l’équation de la sinistralité peut comporter un biais d’endogénéité. Les caractéristiques individuelles des jeunes conducteurs, qui expliquent le choix de garantie, expliquent aussi posi-tivement la probabilité de sinistralité. L’hypothèse de sélection adverse est toutefois vérifiée parmi les jeunes conducteurs qui choisissent un contrat « tous risques » variable selon le montant de la franchise.
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Diverses alternatives pour déterminer les facteurs significatifs de la fréquence d’accidents dans l’assurance automobile par María del Carmen Melgar Hiraldo, José Antonio Ordaz Sanz et Flor María Guerrero Casas

Les accidents de circulation sont un des plus graves problèmes que l’on trouve actuellement dans les pays industrialisés. Le but de cet article est d’analyser les éléments qui contribuent à expliquer le nombre d’accidents de ce genre. Cette question est très utile pour le secteur de l’assurance automobile.

La littérature spécialisée signale que les modèles de comptage sont les plus utilisés dans cet important domaine de l’industrie de l’assurance. Traditionnellement, la régression de Poisson et le modèle binomial négatif ont été les méthodes employées le plus fréquemment. Cependant, les modèles à expansion de zéros pourraient être plus appropriés pour expliquer les processus sous-jacents aux distributions d’accidents automobiles.

Dans cette étude, nous utilisons une base de données fournie par une compagnie d’assurance privée espagnole. Après avoir fait une analyse descriptive complète de ces données, nous comparerons les résultats que l’on obtient de l’application des trois types de modèles de comptage développés dans le papier. Finalement, nous discuterons des différences en soulignant les avantages généraux des modèles à expansion de zéros. Néanmoins, les résultats sont qualitativement très ressemblants, et ils suggèrent en plus l’existence de problèmes d’aléa moral et d’anti sélection dans le marché de l’assurance automobile.
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Les vingt-cinq ans du régime québécois d’assurance automobile : réflexions sur la notion de faute par Claude Fluet

La réforme du régime d’assurance automobile au Québec en 1978 a radicalement amélioré l’indemnisation des victimes de dommages corporels. On semble unanime à croire que l’abolition du droit de poursuite et de toute notion de faute constituaient la clé de voûte de la réforme. Pourtant, il semble évident que ce ne sont pas ces éléments par eux-mêmes qui ont amélioré l’indemnisation, mais tout simplement l’introduction d’une couverture additionnelle très large et administrativement efficace d’assurance de dommages. Des procédures simplifiées de détermination de la faute pourraient parfaitement être utilisées à des fins de tarification et d’incitation, sans nullement remettre en question les niveaux d’indemnisation.
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Auto Insurance Reform for Canada’s Tort Provinces par Anne E. Kleffner et Norma L. Nielson

Parce qu’il est obligatoire et qu’il concerne la majorité de la population susceptible de conduire une automobile, il est dans l’intérêt de toutes les parties en cause de bénéficier d’un système d’assurance automobile efficace en termes de coût et de service. Bien qu’un système fondé sur la responsabilité en matière d’indemnisation des victimes d’accident fonctionne raisonnablement bien à l’égard d’un petit nombre de réclamants qui sont atteints de dommages sévères, il est moins efficace pour la majeure partie des victimes d’accidents ayant subi des dommages mineurs. Nous suggérons, dans cette étude, des moyens permettant aux régimes d’assurance de juridiction canadienne, dont l’indemnisation est basée sur la responsabilité, de contrôler les coûts et d’améliorer l’indemnisation des victimes d’accident. Les réformes que nous suggérons sont focalisées sur une meilleure coordination entre les secteurs publics et privés chargés des soins de santé; sur l’établissement de bénéfices aux victimes, sans l’implication des tiers, ce qui permet de réduire les coûts du traitement de la réclamation sans augmenter les coûts d’ensemble; sur la réduction ou la limitation du droit au paiement d’une indemnité en matière de dommages non pécuniaires découlant de blessures entraînant des séquelles non permanentes; sur la recherche de mécanismes efficaces en matière de résolution des conflits; et enfin sur la mise en place d’un système tarifaire qui est équitable du point de vue des assurés et qui est susceptible d’encourager la conduite prudente auprès des automobilistes.
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