La perception des risques d’accident et d’arrestation lors de conduite avec facultés affaiblies par Georges Dionne, Claude Fluet, Denise Desjardins et Stéphane Messier

Le principal objectif de cette recherche est d’analyser la perception du risque d’être arrêté pour conduite avec facultés affaiblies. Nous considérons aussi la perception d’être impliqué dans un accident routier en conduisant avec facultés affaiblies et même la perception de la probabilité d’être impliqué dans un accident avec dommages corporels sous les mêmes conditions. Le deuxième objectif est d’identifier les déterminants expliquant les perceptions individuelles et, en particulier, les biais de perception que peuvent démontrer certains détenteurs de permis de conduire. Nous avons étudié deux groupes de détenteurs de permis de conduire. Le premier, appelé le groupe des cas, était composé d’individus ayant eu au moins une suspension de permis pour conduite avec facultés affaiblies. Le second, appelé le groupe témoin, était composé de détenteurs de permis de conduire n’ayant pas eu de sanction pour cette raison durant la période de l’étude. Les principales conclusions se résument à celles-ci. D’une façon générale, plusieurs facteurs affectent la perception des risques des individus. Les plus importants sont l’âge, le fait d’avoir accumulé des infractions durant l’année précédant l’enquête, le fait de ne pas consommer d’alcool avant de conduire, la connaissance de la limite d’alcool permise pour conduire, l’opinion sur la tolérance zéro pour conduite d’un véhicule et le revenu familial. Notre plus grande surprise a été de constater que le fait d’appartenir au groupe des cas ou au groupe des témoins n’avait pas beaucoup d’impact sur les biais de perception.

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Les vingt-cinq ans du régime québécois d’assurance automobile : réflexions sur la notion de faute par Claude Fluet

La réforme du régime d’assurance automobile au Québec en 1978 a radicalement amélioré l’indemnisation des victimes de dommages corporels. On semble unanime à croire que l’abolition du droit de poursuite et de toute notion de faute constituaient la clé de voûte de la réforme. Pourtant, il semble évident que ce ne sont pas ces éléments par eux-mêmes qui ont amélioré l’indemnisation, mais tout simplement l’introduction d’une couverture additionnelle très large et administrativement efficace d’assurance de dommages. Des procédures simplifiées de détermination de la faute pourraient parfaitement être utilisées à des fins de tarification et d’incitation, sans nullement remettre en question les niveaux d’indemnisation.
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