Appétence au risque : intégration au pilotage d’une société d’assurance par Pierre Thérond et Pierre Valade

La Directive Solvabilité 2 adoptée définitivement en novembre 2009 au sein de l’Union européenne modifie profondément les règles prudentielles du secteur de l’assurance. Si le premier pilier exige que les assureurs disposent d’un niveau de fonds propres qui leurs permettent de ne pas être en ruine à horizon 1 an avec une probabilité supérieure à 99,5 %, les assureurs devront, au titre du pilier 2, mettre en oeuvre un suivi et un pilotage permanent de leur exposition aux risques au travers de l’ORSA (Own-Risk Solvency Assessment). En particulier, les décisions significatives en termes d’exposition au risque devront être appréciées au regard de leur impact sur l’exigence de capital.

Aussi il apparaît opportun pour les assureurs de s’organiser et de mettre en œuvre une gestion en relation avec l’appétence au risque de la société. Au-delà du seul fait de mesurer l’impact de telle ou telle décision sur l’exposition au risque et l’exigence de fonds propres correspondante, il s’agit d’intégrer cette contrainte et de définir les objectifs de la société pour prendre les décisions optimales.

L’objectif de cet article est de présenter la notion d’appétence au risque et d’expliquer en quoi son intégration dans le pilotage de la compagnie constitue un avantage conséquent. Il décrit ensuite les étapes de sa mise en place au travers de la définition des objectifs, des contraintes et de leur déclinaison pour les différents propriétaires de risques.

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L’impact de la sinistralité passée sur la sinistralité future: Approche empirique en assurance automobile  par Olga A. Vasechko et Michel Grun-Réhomme

Le risque individuel de chaque assuré automobile n’est pas prévisible et n’est connu qu’a posteriori, à l’inverse du risque collectif qui est prévisible dans la mesure où l’on dispose de l’expérience du passé le plus récent observé sur une population assez grande comparable à celle du portefeuille actuel. Dans cet article, on souhaite examiner de façon empirique, si la sinistralité passée (avant l’année de référence) et la sinistralité actuelle constituent un bon indicateur prévisionnel de la sinistralité future, conditionnellement aux caractéristiques de la classe de risque (ou case tarifaire) de l’assuré. On suppose, en fonction de la sinistralité passée, que chaque classe de risques est constituée de deux catégories de conducteurs : les assurés à bas risques et ceux à hauts risques. A l’aide d’une loi binomiale négative et d’une approche bayésienne, on montre que la probabilité d’être un conducteur à bas risques est plus importante en l’absence de sinistres (ou avec un seul sinistre) et qu’à l’inverse la probabilité d’être un assuré à hauts risques augmente fortement dès que l’assuré a 2 ou 3 sinistres au cours de l’année de référence. Bien sûr le niveau de probabilité varie selon les classes de risque. Dans presque tous les cas, la sinistralité passée est un bon indicateur de la sinistralité future.
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