L’impact de la sinistralité passée sur la sinistralité future (2) : 
une modélisation des classes de risques par Olga A. Vasechko et Michel Grun-Rehomme

Dans ce marché concurrentiel de l’assurance automobile, l’assureur se doit d’inciter les bas risques (les bons conducteurs) à rester dans son portefeuille et d’attirer, dans un même temps, à lui les bas risques des autres compagnies. Encore faut-il bien estimer ces risques dans un contexte particulier d’information incomplète.

Dans cet article, on construit différents indicateurs de sinistralité antérieure, obtenus par le croisement du coefficient réduction majoration (CRM) et de l’ancienneté de permis, qui ont empiriquement un meilleur effet prédictif que le CRM sur la sinistralité future, ainsi l’assureur dispose de plusieurs stratégies. En l’absence de données longitudinales, ces indicateurs sont utilisés également pour revisiter la problématique de l’asymétrie d’information.

On constate, à l’aide de modèles Logit bivariés, utilisés pour éviter les biais liés à l’endogénéité du choix de contrat et obtenir des résultats robustes quant à l’estimation des probabilités de sinistre, que l’effet marginal (+ 9 % en moyenne) de cet indicateur de sinistralité passée sur la sinistralité actuelle est plus important que celui des autres variables. Les assurés qui choisissent un contrat RC ont en moyenne des probabilités plus élevées de sinistralité.

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L’impact de la sinistralité passée sur la sinistralité future: Approche empirique en assurance automobile  par Olga A. Vasechko et Michel Grun-Réhomme

Le risque individuel de chaque assuré automobile n’est pas prévisible et n’est connu qu’a posteriori, à l’inverse du risque collectif qui est prévisible dans la mesure où l’on dispose de l’expérience du passé le plus récent observé sur une population assez grande comparable à celle du portefeuille actuel. Dans cet article, on souhaite examiner de façon empirique, si la sinistralité passée (avant l’année de référence) et la sinistralité actuelle constituent un bon indicateur prévisionnel de la sinistralité future, conditionnellement aux caractéristiques de la classe de risque (ou case tarifaire) de l’assuré. On suppose, en fonction de la sinistralité passée, que chaque classe de risques est constituée de deux catégories de conducteurs : les assurés à bas risques et ceux à hauts risques. A l’aide d’une loi binomiale négative et d’une approche bayésienne, on montre que la probabilité d’être un conducteur à bas risques est plus importante en l’absence de sinistres (ou avec un seul sinistre) et qu’à l’inverse la probabilité d’être un assuré à hauts risques augmente fortement dès que l’assuré a 2 ou 3 sinistres au cours de l’année de référence. Bien sûr le niveau de probabilité varie selon les classes de risque. Dans presque tous les cas, la sinistralité passée est un bon indicateur de la sinistralité future.
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Faits d’actualité – Janvier 2009 par Rémi Moreau

  1. Un changement de cap sur le réchauffement climatique sera jugé prioritaire par le président élu Obama
  2. L’assurance santé est également une priorité du président élu
  3. Le monde entier a basculé dans la récession
  4. Les résultats des assureurs américains dans le dernier droit de 2008
  5. La sinistralité mondiale en 2008
  6. La sinistralité aviation en 2008
  7. Après Baden-Baden, un retour à la hausse est prévisible dans les tarifs de réassurance
  8. Pirates des temps modernes
  9. L’attentat perpétré à Bombay coûterait 600 millions de dollars aux assureurs
  10. Le scandale Madoff
  11. Une hausse des tarifs prévisible à la SAAQ
  12. La vague de vols de cuivre se poursuite à Hydro-Québec
  13. China Life Insurance Company serait intéressée à acheter les actifs asiatiques de aig
  14. Le plan Paulson modifié
  15. Plan de sauvetage du géant bancaire Citigroup
  16. La banque de Montréal achète la filiale canadienne de l’assureur américain AIG
  17. Les tricheries sur internet se multiplient dans les universités
  18. Les bonnes pratiques en gestion des risques peuvent influencer positivement les investisseurs
  19. Les feux californiens de novembre ont provoqué des dommages pouvant atteindre 800 millions de dollars
  20. Une réforme législative du Lloyd’s est entrée en vigueur en novembre Lire la suite

Les jeunes conducteurs : surprimes ou fidélisation? par Olga A. Vasechko, Marie Odile Albizzati et Michel Grun-Rehomme

Les compagnies françaises d’assurance automobile peuvent appliquer une surprime aux jeunes conducteurs (conducteurs ayant moins de trois ans de permis) durant les deux premières années. Faut-il sanctionner les jeunes conducteurs par un niveau de cotisation initial plus élevé que pour les conducteurs expérimentés ? Si on regarde les statistiques de la sinistralité des jeunes conducteurs dans le portefeuille d’une assurance, la réponse est évidemment oui, dans la mesure où on effectue une mutualisation entre des risques homogènes. Une autre démarche est envisagée dans cette présentation. On suppose que l’assureur décide de ne pas imposer de surprimes pour les jeunes conducteurs, en accompagnant cette décision d’une campagne d’information sécuritaire auprès de ces jeunes assurés. Du côté des jeunes, on peut penser qu’une telle démarche basée sur la confiance et la responsabilisation peut avoir des effets positifs sur la sinistralité à travers cette stratégie « gagnant-gagnant ». Et du côté de l’assureur, il s’agit de jouer la carte de la fidélisation de sa clientèle ou de ses sociétaires. En effet, les assurés sont assez fidèles à leur premier assureur dans la mesure où ils ne rencontrent pas de difficultés particulières avec celui-ci. On examine les enjeux financiers pour l’assureur dans ces deux stratégies : surprimes ou fidélisation. On observe que plus la surprime appliquée aux jeunes conducteurs est élevée, plus les départs sont difficiles à supporter par l’assureur qui ne l’appliquerait pas et plus le retour à l’équilibre est éloigné. La situation semble viable pour l’assureur dès que le taux d’entrée de jeunes s’accroît de 50 % et que le taux de départ sur ces entrants ne dépasse pas 50 %

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Choix de contrat et sinistralité chez les jeunes conducteurs par Michel Grun-Réhomme et Noureddine Benlagha

Dans les rapports entre l’assureur et l’assuré, entre un contrat de garanties et une rémunération (prime ou cotisa-tion), la compagnie d’assurance fait face à un risque qui est directement lié à l’asymétrie d’information qui existe entre elle et l’assuré.

Dans un article récent, A. Cohen (2005) montre, conformément aux résultats de Chiappori et Salanié (2000), que l’hypothèse de sélection adverse est mise en défaut chez les jeunes conducteurs. Les jeunes ont une perception imprécise (absence d’expérience) de leurs risques.

L’étude présentée dans cet article s’inscrit dans la suite de ces travaux. On s’est également interrogé sur la per-tinence des liens existants entre la sinistralité et le choix de contrat chez les jeunes conducteurs. Notre étude est nouvelle sur deux points :

Elle porte sur quatre types de garanties (et non deux), ce qui est plus proche de la réalité, en utilisant un modèle polytomique ordonné bivarié.

Ces données sont récentes. Elles concernent l’année 2004, après la mise en place de nouvelles mesures sécuritaires au niveau de la circulation (radars automatiques, contrôles plus stricts de l’alcoolémie, alourdisse-ment des peines), et la baisse des accidents mortels.

Dans cette modélisation, les caractéristiques qui expliquent la sinistralité et le choix de garantie sont corrélées. Dans ce cas, l’estimation autonome de l’équation de la sinistralité peut comporter un biais d’endogénéité. Les caractéristiques individuelles des jeunes conducteurs, qui expliquent le choix de garantie, expliquent aussi posi-tivement la probabilité de sinistralité. L’hypothèse de sélection adverse est toutefois vérifiée parmi les jeunes conducteurs qui choisissent un contrat « tous risques » variable selon le montant de la franchise.
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